Palais d’été

Notre première visite aura pour destination le Palais d’été. Une foule immense se presse à l’entrée du site. Notre guide national, Chaly, nous annonce 200 000 visiteurs. Une fois à l’intérieur, la foule est toujours aussi dense. Il est difficile d’apprécier ce lieu de repos pour les anciens empereurs et surtout pour la régente Cixi. Les galeries couvertes aux centaines de peintures me font penser aux tapis roulants des aéroports sur lesquels il ne faut pas s’arrêter. Impossible de s’attarder sur un détail.

Le bateau de marbre apparaît tout de même, une fois la foule écartée ;-)

Comble de malchance, le bâtiment principal du palais est en rénovation, jeux olympiques obligent.

Le guide local s’avère d’une telle incompétence que l’ensemble du groupe entre en rébellion. Le guide national, témoin des impérities du local, finit par admettre que poursuivre la visite de Beijing avec celui-ci n’est pas possible.

Nous serons tous un peu gênés, mais satisfaits, lorsque le guide local viendra nous annoncer qu’il nous quitte…

La visite de la boutique de perles qui n’était pas au programme se déroule comme les autres ; présentation en français de la technique puis visite de la boutique. Chaque guide doit bien vivre, mais cette fois-ci les perles ont peu de succès.

Cité interdite

La visite de la cité interdite est un des moments impressionnants de notre séjour. Les couleurs de l’empereur, pourpre et or, sont omniprésentes. Les toits sont couverts de tuiles vernissées de couleur jaune dorée et les murs sont peints d’une belle couleur rouge. Toutes les portes comportent 9 clous, marques de l’empereur.

Nous y entrons par la grande porte et arrivons dans la cour extérieure, interdite aux femmes sauf l’impératrice le jour de son mariage et réservée aux haut-dignitaires. C’était le lieu de l’action politique. Malheureusement, en raison de la préparation des jeux olympiques, un des bâtiments est en cours de démontage et le bâtiment central est emmitouflé dans un échafaudage.

Nous passons ensuite à la cour intérieure, réservée aux femmes et eunuques. Les appartements des concubines se trouvent dans de petites cours. Chacune d’elle dispose de deux pièces ; une entrée qui semble également faire office de bibliothèque et la chambre où l’on trouve également une table pour ses repas. La promiscuité devait exacerber les rivalités entre les innombrables, jusqu’à 3000, concubines qui partageaient ces petits espaces.

Nous terminons la visite par le jardin. Il y a tant de monde que l’herbe n’y pousse plus. La visite aura sans doute été trop rapide, mais la foule qui joue du coude ne rend pas facile la sérénité nécessaire pour apprécier les objets que l’on devine derrière des vitres trop sales.

Nous nous rendons ensuite sur la colline du charbon qui se situe à l’arrière de la cité interdite. Nous la gravissons afin de profiter de la vue imprenable sur les toits dorés de la cité interdite. Malheureusement tous les cinq kiosques offrant une vue sont en restauration. Encore…

Opéra de Pékin

Le spectacle de l’opéra de Pékin est calibré pour les touristes. Il ne respecte pas la durée puisqu’en un peu plus d’une heure, il résume ce qui normalement dure 4h et il présente essentiellement des acrobaties et une mise en scène burlesque alors qu’il s’agit traditionnellement d’une saga complexe. Comme nous avons vécu une longue et harassante journée nous avons tous du mal à rester éveillés durant le spectacle. S’il avait été moins « occidentalisé » nous aurions sans doute tous dormis…

Hutong

La visite d’un des rares quartiers historiques de Beijing se fera en pousse-pousse. Ceux-ci nous attendent à l’entrée de Hutong. Le quartier va bientôt devenir le coin le plus huppé de Beijing. En effet, une fois restaurées, ces petites demeures avec cour intérieure seront très agréables et calmes.

Comme nous avions exprimé le vœu d’avoir un regard sur la vie quotidienne des Chinois, les guides nous emmènent sur un marché local. Tout ce qui peut se manger, fruits, légumes et viandes, se trouvent dans les multiples allées et les chinois y déambulent tenant d’une main leur vélo.

Nous sommes ensuite reçus par un habitant qui nous offre le thé dans sa petite demeure. Cet échange un peu rapide nous permet tout de même de voir comme s’organise la vie quotidienne. La maison que sa famille occupe depuis le début du XXème siècle reprend l’architecture traditionnelle. A mon avis une demeure de haut fonctionnaire de l’administration impériale et pas du petit peuple. Une cour est entourée de pièces offrant toute des ouvertures, fenêtres et portes vitrées, vers la cour. Les parents sont installés au nord et reçoivent donc le maximum de soleil, les enfants de chaque côté et enfin les domestiques et le matériel sont logés au sud, du côté de la porte d’entrée. Cela ressemble à l’organisation des maisons de concubines.

Aujourd’hui, la cour est encombrée d’une habitation construite en urgence après le tremblement de terre de 1976. Il est prévu de redonner à l’habitation sa structure initiale. Nous sourions en découvrant un poster de Zidane et des photos de princes et princesses occidentaux qui décorent les murs. La cuisine est minuscule mais Madame semble très fier de son nouveau lave-linge. Nous interrogeons le propriétaire sur ses revenus. Il nous explique qu’il travaille dans une briquerie et gagne 3000 yuans par mois, c’est-à-dire environ 300 euros. La guide nous expliquera par la suite qu’il est impossible de vivre à Beijing avec ce revenu. Sans doute que les visites de touristes lui permettent d’arrondir ses fins de mois.

Les pousse-pousses souffrent un peu avec certains d’entre nous mais nous ramènent, essoufflés à bon port. 10 yuans de pourboire et 再见zàijiàn (au revoir).

Temple du ciel

Nous nous rendons au temple du Ciel. Un beau parc dédié aux sacrifices afin de demander aux dieux de bénéficier de bonnes récoltes.

Une galerie couverte nous y mène. Tous les cinq mètres, un groupe s’active à diverses activités. On y voit des anciens jouant aux échecs chinois, des musiciens apprenant à jouer de leur drôle de flûte au corps fait d’une calebasse, un vieux monsieur qui fait du crochet, un groupe qui chante et danse sur des musiques traditionnelles. Il est vraiment surprenant de voir toutes ces personnes, en général âgées, occupées à leurs activités, insouciantes de tous les touristes qui gravitent autour d’elles.

Le temple surplombe la ville. Une majestueuse allée mène à un second lieu. Une cour ronde, elle-même enceinte d’un mur carré. On retrouve encore la notion d’équilibre ying,yang et fēngshuǐ. Une dalle placée au centre de la plate forme finale est réputée pour porter chance. Nous donnons du coude pour y accéder et toute la famille réussit à se placer quelques secondes sur la dalle. Le chiffre neuf est omniprésent (9 rangs de 9 dalles autour de la stèle centrale, 9 marches pour chacune des 3 étapes menant à la plate forme).

Place Tienanmen

La place est noire de monde. On y distingue tout de même quelques uniformes vert et bleu marine. En fait la place n’est accessible qu’en empruntant quelques passages pour piétons. En effet, le premier périphérique entoure totalement la place. Les policiers et militaires surveillent donc discrètement ces accès. Ceci sans doute pour éviter tout regroupement non désiré.

Les drapeaux rouges sont omniprésents et la traditionnelle photo de Mao sur le côté donnant accès à la cité interdite est complétée par la photo de Sun Yat Sen. Le mausolée de Mao ne semble pas ouvert au public ce qui me semble étonnant en cette semaine de congés. Sans doute ne désire t-on plus trop faire référence à Mao en ces temps d’explosion économique…

A de multiples reprises on nous demandera de poser sur des photos, mais nous y sommes maintenant rodés comme de petites starlettes de Cannes.

par Didier Rizzo
mardi 6 juin 2006
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